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La propreté

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1 La propreté le Lun 2 Jan 2017 - 20:25

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Le premier but de l'éducation du chiot est la propreté. Pour nombre d'éleveurs, cet apprentissage se fait facilement. Pourtant, il est classique de rencontrer des gens qui éprouvent des difficultés à atteindre cet objectif primordial et à l'heure où les ventes s'accompagnent de plus en plus souvent d'une aide technique offerte, les conseils sur la façon d'enseigner la propreté à un chiot sont précieux et très appréciés. L'éleveur doit non seulement donner des bons conseils, mais aussi, en tant que spécialiste du chien, être capable d'analyser les causes d'échecs et de proposer des solutions concrètes. Un chien qui apprend vite à être propre sera toujours considéré comme intelligent et son éleveur sera recommandé aux amis.


BASES PHYSIOLOGIQUES ET ÉTHOLOGIQUES





À l'inverse du chat, le chiot qui arrive à la maison n'est généralement pas propre. Il sait tout juste ne pas faire ses besoins dans le "nid" qui sera souvent assimilé au lieu de couchage et ses environs immédiats (un chiot qui ne se lève pas pour faire ses besoins et souille son panier doit être considéré comme anormal cf. 2epartie). La propreté telle que nous la concevons ne peut résulter que d'une patiente éducation.
Pourtant, même s'il ne sait pas grand chose, ce chiot a déjà acquis des habitudes et va chercher à faire ses besoins sur un support connu (celui qu'il rencontrait à l'élevage). Il recherchera les odeurs initiatives (traces d'urine et de fèces).
Pour enseigner à ce chiot ce que nous attendons de lui, nous devons guider ces dispositions naturelles et les récompenser à chaque succès ; la méthode punitive n'est pas la plus efficace.
Quelques notions importantes méritent d'être détaillées.
Un comportement se décompose en trois phases :

  • une phase appétive,
  • une phase consommatoire,
  • une phase de retour à l'équilibre.

Chaque phase entraîne la suivante.
Le comportement de miction commence par une recherche olfactive du lieu d'émission, puis, vient l'élimination et enfin, la dernière phase se caractérise par une vérification olfactive de la trace laissée.
Une punition est un processus aversif destiné à entraîner l'interruption d'une séquence comportementale et à diminuer la probabilité de production de cette séquence. Pour être efficace, cette punition doit intervenir en début de phase appétive.
Une récompense est un processus agréable destiné à renforcer la probabilité de production d'une séquence comportementale. Pour être efficace, cette récompense doit être donnée une fois la séquence complète achevée, sous peine de voir le comportement amputé par la suite. Cette récompense ne peut être différée, même de quelques instants.
On constate donc, en ce qui concerne la propreté, que la sanction, pour être pertinente, doit intervenir avant l'émission d'urine ou de fèces. Cela est en pratique très difficile à réaliser.
Remarquons que récompense et punition ne fonctionnent que par association avec un comportement. Un chien puni quand il fait sur le tapis associera punition et miction, miction et maître et apprendra à faire en l'absence du dit maître mais il est peu probable qu'il associe la punition au tapis. À l'inverse, en recherchant à reproduire le comportement qui entraîne une récompense, il essaiera d'impliquer son maître.
Enfin, il faut souligner que la punition peut provoquer des inhibitions et de l'évitement. Au contraire, la récompense provoque une stimulation. Le chien récompensé fait des essais jusqu'à trouver la situation qui engendre la récompense. Il est dynamique et cherche à impliquer son maître.


LA BONNE METHODE D'ÉDUCATION





En s'appuyant sur les quelques remarques précédentes, il est possible de décrire une méthode d'apprentissage.
Quand le chiot mène une vie régulière, il fait à peu près toujours ses besoins au même moment : réveil, activité, pipi… repas, activité, pipi… Le propriétaire attentif saura rapidement repérer ces instants et sortir son animal au moment opportun, pour le conduire à l'endroit choisi.
Il est nécessaire que cet endroit ait été préalablement défini avec soin ; il faut que le chien y retrouve ses odeurs.
Là, le maître attendra que les mictions et défécations se produisent et récompensera celles-ci, en fin de séquence et comme deux comportements séparés. Il faut bien sûr ne pas rentrer immédiatement le pipi fait, la sortie étant souvent pour l'animal un moment de plaisir, la fin de celle-ci peut être perçue comme une punition. De même le maître doit obligatoirement attendre que le chien se soulage avant de rentrer.
Bien sûr, ce qui est vrai en théorie sera souvent délicat à réaliser. Les premières fois le maître doit attendre longtemps, le chiot est effrayé, il n'est pas habitué à la rue et cherche d'abord à explorer. Il a besoin de retrouver des odeurs connues et il faut être patient. Avec le concours de l'éleveur, il est possible d'utiliser le support auquel il est habitué : quelques pincées de copeaux ou un fragment de journal seront souvent utiles pour déclencher les premiers pipis.
Tous les détails ont ici beaucoup d'importance. Il faut s'assurer que la récompense est systématique (en début d'apprentissage), immédiate et adaptée. Rappelons que cette récompense ne doit pas être néfaste (sucre) et qu'une caresse convient parfaitement si celle ci est réellement démonstrative. Les grands discours sont souvent perturbateurs et incompréhensibles pour le chiot. Par contre un grand sourire et une vraie caresse douce et chaleureuse sont toujours sans équivoque. Il est important que cette récompense soit donnée sitôt l'élimination terminée ; il faut laisser le chien finir et renifler ses déjections puis le féliciter immédiatement. De nombreux maîtres pensent qu'il est utile de donner une récompense, en rentrant, quand le chie a fait ses besoins. Cette récompense tardive n'est pas adaptée.
Enfin, soulignons le caractère dynamique de cet apprentissage. Le maître doit être présent, à côté de son chien. Bien des maîtres répugnent à accompagner leur chiot et le laissent apprendre à s'isoler. Le chiot fait alors au fond du jardin ou sur la pelouse du parc et le maître se contente d'attendre. Dans ce cas, la récompense ne peut pas tomber au bon moment et le contrôle du lieu ne peut pas être précis.
Il est nécessaire de sortir le chiot souvent, il n'est effectivement pas capable de se retenir plus de 5 ou 6 heures avant quatre mois. Cela signifie qu'il est normal au début d'avoir des pipis à l'intérieur.
Certains chiots font beaucoup plus souvent pipi que d'autres et les accidents sont fréquents. Que le maître ne s'inquiète pas, le chiot qui se trompe ne régresse pas. L'important est d'avoir plusieurs fois par jour l'occasion de lui montrer ce qu'il doit faire.
Pris sur le fait en train de chercher un coin tranquille, il est possible d'interrompre la séquence par un NON et de transporter alors le chiot à l'endroit propice. En revanche, le maître qui trouve une souillure ou qui arrive en fin de séquence, ne doit rien dire. Même en montrant le pipi, il n'arrivera pas à faire comprendre ce qu'il désire au chien. Il doit se contenter de ramasser, si possible en l'absence du chien qui pourrait alors chercher à jouer et finirait peut être par associer les pipis et le jeu. De plus il est fréquent que le maître manifeste en nettoyant sa contrariété que le chien perçoit comme une punition.
Si le chien est adulte, il faut davantage insister sur la nécessité de nettoyer en l'absence du chien qui, hierarchisé puisqu'adulte, pourrait lire dans ce ramassage, des signes d'acceptation et de soumission (cf. deuxième partie : malpropreté et conduites sociales).
Quand le chiot commencera à être régulièrement propre, il faudra passer à des récompenses intermittentes puis aléatoires de façon à ancrer les comportements.
Seulement alors, il pourra être utile de parfaire l'apprentissage en créant des inhibitions. On utilise alors des "punitions" qui devront intervenir exactement en début de séquences et rester très légères (voix forte). Un chien bien élevé doit être capable de s'interrompre en cours d'exécution si son maître le lui ordonne.
Le maître doit être conscient que cet apprentissage même très bien mené n'empêche pas quelques oublis. La continence n'est parfaite qu'après la puberté et une erreur ne remet pas l'éducation en cause.


AUTRE METHODE D'ÉDUCATION : LE JOURNAL





Il est temps, si l'on veut que les jeunes propriétaires cessent d'être ballotés entre éleveurs et vétérinaires, que cette méthode d'éducation à la propreté soit définitivement abandonnée. En effet, il faut reconnaître que régulièrement cette façon de procéder conduit à l'échec. Nous avons choisi néanmoins, de la décrire cette façon d'enseigner la propreté pour que chacun puisse en apprécier les éventuelles carences.
Les principes qui régissent cette façon de procéder sont les mêmes que les précédents. À l'aide de récompenses, le chiot va être conditionné à se soulager sur des journaux. Le journal sera placé près d'une porte qui sera progressivement fermée. Il sera assez vite possible d'apprendre au chien à demander l'ouverture de cette porte à travers de laquelle il peut sentir le journal. Dès lors que le chien sait pleurer à la porte pour faire ses besoins il est temps de lui apprendre à faire dehors. Les premières fois il est nécessaire d'emmener un morceau du support (journal imprégné d'odeurs) pour inciter le chiot. Ce support sera par la suite diminué de taille puis supprimé.
Cette méthode présente un avantage certain qui est de permettre très rapidement au chiot d'être autonome, même la nuit, puisque le maître ne doit pas se lever pour le conduire au journal. De plus elle utilise les penchants naturels du chiot qui fera très facilement, toujours au même endroit, surtout si l'odeur persiste.
Si ces avantages sont très séduisants, les inconvénients les contrebalancent largement. Le premier problème avec cette méthode est la démobilisation du maître ; le chiot semble apprendre seul mais en fait il n'apprend rien. Il fait sur le journal mais de façon naturelle, le maître oublie de le récompenser et de contrôler. Au bout de quelques mois on se trouve dans la situation de sortie d'élevage avec un chien habitué à faire sur des journaux. Il faut donc activement prévenir le maître qu'il doit poursuivre l'apprentissage jusqu'à obtenir le contrôle complet. La méthode n'est possible que si le maître s'investit.
Le deuxième inconvénient est le trop rapide conditionnement au journal. Après quelques récompenses bien distribuées le chiot est habitué à se soulager sur le journal et il attend de revenir à la maison pour retrouver son quotidien préféré. Le propriétaire est donc obligé de transporter un journal, qu'il va disposer dans le caniveau pour inciter son chien à s'exécuter. Dans certains cas, le chien sera même conditionné à un emplacement de la maison et il faudra alors tout recommencer car il n'est pas possible de transporter cet endroit à l'extérieur. Le maître perçoit souvent très mal ce blocage et aba, donne le plus souvent alors la technique gratifiante au profit des méthodes coercitives qui lui sont conseillées par ses proches.
Il est toutefois possible d'éviter cet écueil en plaçant le journal sur un support plastifié qui empêchera l'odeur d'urine d'imprégner le sol. Pratiquement une planche fine fait l'affaire. Les journaux peuvent y être punaisés ce qui évite que le jeune chiot ne s'amuse à les transporter dans toute la maison. Il faudra quand même prendre la précaution de déplacer modérément mais régulièrement la planche pour que le conditionnement soit correct.
Ces inconvénients font de la méthode une cause d'échec fréquente. Il est nécessaire que le maître qui a commencé ainsi soit encadré avec soins jusqu'au résultat final. Il faut se montrer très convaincant, car au début, le propriétaire pensera que tout se passe normalement puisqu'il n'et pas tenu de ramasser les déjections de son animal.


À QUEL ÂGE COMMENCER L'APPRENTISSAGE ?





Une des causes de malpropreté du chiot est l'apprentissage tardif. À cause des risques de maladie, il est souvent conseillé aux maîtres de ne pas sortir leur chiot avant la fin des vaccinations. Cette idée, solidement ancrée dans les esprits, n'a pas de fondement scientifique. Le simple fait de ne pas sortir les chiots ne les empêche pas d'être soumis à la pression virale extérieure puisque les maîtres, eux, sortent et véhiculent les virus. Il est illusoire de croire qu'il est possible de protéger le chiot par cette simple mesure. Les éleveurs de porcs qui désirent protéger leur élevage de la pression virale, pratiquent des élevages dits "spf" (specifics pathogens free) qui dans la pratique conduisent à transformer les bâtiments de l'élevage en de véritables forteresses. Comment pourrait-on avoir le même résultat en empêchant le chiot de sortir. Cependant cette attitude retarde le développement comportemental (éveil) des chiots qui est même compromis si les premières sorties sont postérieures à 3 mois.
Il faut commencer l'apprentissage de la propreté le plus tôt possible soit vers l'âge de six semaines quand le jeune chiot arrive à la maison. Bien sûr à cet âge, les réflexes de continence sont encore imparfaits mais l'acquisition précoce des bonnes manières renforce la qualité de l'apprentissage. À l'âge de quatre mois un chiot doit être capable de demander pour ses besoins. Même si des accidents sont encore fréquents, le principe de propreté doit être acquis.
Profitons donc de cet aparté pour souligner l'importance de pratiquer l'ouverture de l'élevage. Pour l'éleveur, produire un chiot qui répond à la demande est un objectif professionnel. Cette demande comprend la socialisation du chiot et ses capacités à rencontrer une voiture et à vivre en milieu urbain. L'isolement dans lequel le chiot est maintenu jusqu'à l'âge de trois mois est responsable de son inadaptation à la vie en société et à la vie urbaine. Il est donc souhaitable que les éleveurs modernes intègrent cette partie de leur cahier des charges et s'obligent à rendre le milieu de développement des chiots riche et varié.


POURQUOI PAS LES MÉTHODES D'ANTAN ?





Cette question nous est en effet régulièrement posée. De nombreux maîtres, n'en sont pas à leur premier chiot et depuis toujours, pour qu'un chien soit propre il suffit de lui "coller le nez dedans deux ou trois fois" et le tour est joué. Pour de tels maîtres, il peut paraître inconcevable de ne pas punir le chien. Il faut reconnaître que la méthode punitive peut s'avérer efficace ou du moins peut donner l'impression d'un résultats si certaines conditions sont réunies.
Si le maître gronde systématiquement son chien quand il se soulage, et, qui plus est, s'il le gronde parce qu'il voit ses besoins (sur le tapis ou dans la maison), le chien finit par associer déjections, présence du maître et punition. Pour échapper à cette dernière, le chien doit donc arriver à se soulager à l'insu du maître et cacher ses déjections. Si le chien soumis à cette méthode a la possibilité de sortir librement, il va spontanément aller se cacher pour faire ses besoins loin de son maître, au jardin notamment. Remarquons que de tels chiens sont par contre le plus souvent, incapables de se conduire correctement avec leur maître en ville, et qu'ils n'osent pas faire leurs besoins devant leur maître. Pour résumer la situation, il suffit de dire que ces animaux ont appris à ne pas être "sales" mais qu'on est loin de pouvoir dire qu'ils sont "propres".
Si l'accès du jardin n'est pas libre ou, si, dans un nouveau contexte social, il n'y a plus de jardin, le chien, soumis aux mêmes contraintes va reproduire cette attitude dans la maison et ira cacher ses besoins derrière une armoire ou sous une commode. Ce qui était dans l'exemple précédent interprété comme une preuve d'intelligence, deviendra bien souvent dans ce nouveau contexte, une preuve de malice. Les attitudes coupables du chien devant les colères du maître, renforcent souvent la conviction du propriétaire qui croit que son chien fait mal exprès pour l'ennuyer. On le sait pourtant, ces attitudes sont des marques de soumission, destinées à apaiser le dominant et le contresens du maître perturbe de façon grave l'équilibre de sa relation avec son chien.
Il n'est donc pas surprenant qu'une méthode coércitive ait pu donner satisfaction à une époque où les rapports maître-chien étaient différents, notamment quand le chien était surtout conçu pour vivre dehors.


Malformations pouvant conduire à des troubles de la propreté.





Nous ne parlerons que des malformations n'entraînant pas de conséquences sur l'aspect extérieur. Notre but étant principalement de décrire les troubles comportementaux liés à la malpropreté, cette partie sera traitée de façon extrêmement succincte.

Uretère ectopique, anomalie sphinctérienne, malpositionnement de vessie.



Ces affections vont entraîner une incontinence véritable. Dans de nombreux cas il sera possible d'observer des fuites urinaires plus ou moins constantes. L'incontinence étant justement caractérisée par l'émission d'urine sans prise de position typique ni autre comportement particulier. Un chien dont les jambes sont en permanence souillées d'urine est suspect d'incontinence. Il ne s'agit pas de malpropreté.


Troubles de l'appareil locomoteur.





Des animaux âgés ou parfois hélas des animaux jeunes atteints de troubles locomoteurs peuvent présenter pour ces raisons des comportements malpropres. Il ne s'agit pas de trouble de l'éducation et le traitement doit être étiologique (lié à la cause).


Infections entraînant des troubles de la propreté.





Cystites et vaginites.



Les infections des voies génitales basses vont provoquer une augmentation des mictions et une impossibilité d'attendre pour se soulager. Le plus souvent les chiens atteints sont facilement repérés mais dans certains cas, il peut exister confusion entre une infection urinaire et la malpropreté.

Entérites avec maldigestion.



Certains chiens ayant un dysfonctionnement pancréatique sont fréquemment atteints de colites. Il apparaît là encore des urgences fécales qui empêchent un comportement normal et la propreté. C'est dans ce paragraphe qu'il faut également placer les troubles de la observés à la suite de rectolites qui se produisent au changement de régime.


Chiens émotifs.





Il est possible de classer dans cette catégorie les chiens qui émettent des mictions d'émotion à tout moment. Normalement réservées au jeune âge, ces mictions peuvent prendre un caractère tenace chez des chiens particulièrement émotifs, surtout si le maître hausse la voix à chaque accident. Ce comportement normal traduit une soumission et l'on comprend que le fait de crier ou de montrer sa colère, renforce cette attitude. Il se produit, rapidement, une anticipation telle que le chien devient incapable de rencontrer un individu sans laisser quelques gouttes. Il peut être utile, après avoir expliqué le problème au maître, de lui conseiller l'abord en douceur, notamment l'abord accroupi, regard détourné.Le premier contact est important. Il doit être neutre sur le plan relationnel et hiérarchique. Il se fera en posant la main sous le menton. Dans les cas difficiles, la prescription d'un psychotrope est parfois indispensable


Chien mal éduqué qui se cache.





Ce cas est le plus fréquent. Nous avons déjà parlé de ces animaux qui n'ont en fait pas appris à être propres mais ont bien retenu qu'ils ne devaient pas faire devant leur maître. C'est le résultat de l'apprentissage par punition, le plus fréquemment employé par les propriétaires de chien, mal conseillés.De tels chiens sont capables de se retenir pendant toute la promenade, et ne font jamais en présence de leur maître. Ils attendent d'être rentrés pour faire derrière un meuble, malgré les nombreuses corrections reçues à ce sujet. Généralement ces animaux n'ont pas la possibilité de sortir librement (vie en appartement) et associent les punitions reçues à la présence simultanée des maîtres et de leurs déjections. Ils sont inhibés par leur maître.La rééducation est très délicate. Les propriétaires sont souvent persuadés de la justesse de leur méthode. Ils mettent en doute les capacités du chien plutôt que leurs compétences d'éducateur. La première étape consiste à essayer de surprendre le chien alors qu'il fait ses besoins dans un endroit autorisé et à le féliciter. Cette étape peut s'avérer désespérément longue. Elle doit conduire à la désensibilisation du chien. Il faut bien sûr arrêter toute punition et bien faire comprendre au maître qu'un simple soupir peut être perçu comme tel. Le chien qui voit son maître ramasser ses déjections, est en fait très sensible aux attitudes et mimiques et se trouve puni à la moindre grimace.Peu à peu le chien apprendra à ne plus craindre son maître et il risque dans certains cas de devenir tout à fait malpropre (retour à la case départ). C'est à ce moment que les efforts sont presque terminés, si le maître veut s'investir encore un peu, il lui suffit d'appliquer la méthode normale.


Propreté approximative.





Il est possible de rencontrer de nombreux cas où l'enseignement de la propreté est correct mais inachevé. À l'aide d'exemples, je propose ici d'étudier les caractéristiques de ces situations.Le cas le plus fréquent est celui du chien capable de faire ses besoins dehors mais que le maître ne sait pas obliger à limiter ses souillures à tel endroit précis (caniveau par exemple). Le plus souvent les maîtres avoueront leurs difficultés à parvenir à ce résultat.
Ils sont déjà bien contents que le chien ne souille pas leur intérieur et le manque de motivation est souvent la principale raison de leur démission. Pourtant, si leur vétérinaire ou l'éleveur leur explique une méthode simple pour revenir en arrière, le succès est presque garanti. À l'origine de ces "demi-problèmes" et de cette démotivation, on trouve souvent des méthodes d'éducation incertaines qui ont rendu pénibles les premiers résultats. Parfois par contre, à cause de la peur des voitures ou d'autres souvenirs mal connus, le chien refuse ou hésite à fréquenter le caniveau ou cet endroit qui lui est justement dévolu.
Le procédé de rééducation consiste à scinder la difficulté. Le maître va apprendre à son chien à se rendre dans le caniveau sur ordre. À l'ordre "caniveau" le chien sera doucement conduit et félicité dès qu'il sera descendu du trottoir. très vite cet ordre sera compris et il pourra alors être donné au moment de la mise en position pour la défécation. De chaleureuses félicitations devront ponctuer les résultats. Ici encore la récompense deviendra progressivement alternative, puis aléatoire.
Il arrive aussi de rencontrer des chiens qui ne semblent faire aucun effort pour se retenir. Ils son en général propres, mais au moindre retard de leur maître, ils se soulagent près de la porte qui les conduit à la cour ou sur la terrasse. J'ai rencontré de telles attitudes pour des animaux qui n'ont pas bien distingué les caractéristiques du lieu d'élimination. Le maître les conduit par exemple sur le balcon au début, puis il se contente de laisser la porte ouverte. L'éducation ne renforce pas suffisamment l'apprentissage. Le chien va volontiers sur le balcon mais il ne sait pas demander ou même attendre. Il se soulage donc aux environs de l'endroit souhaité, juste devant la porte par exemple.Ces apprentissages incomplets montrent la nécessité de fixer des objectifs dès le départ, pour être sûr de ne considérer l'éducation comme finie qu'une fois ces objectifs atteints.


Malpropreté liée à la peur du retour du maître.





Ce cas est très fréquent. Il faut y penser chaque fois qu'un maître se plaint que son chien fait la nuit ou quand il est seul. Il faut cependant être attentif à ne pas passer à côté d'un hyperattachement (cf. paragraphe suivant). À l'inverse de ce que l'on observe dans cette affection, les souillures ne sont pas ici dispersées dans toute la maison mais généralement uniques, comme si l'animal avait tout simplement eu du mal à se contenir.
Autre fait caractéristique, le maître pourra toujours décrire les attitudes coupables ou inquiètes de son chien quand il arrive dans la pièce souillée. Il s'agit d'ailleurs d'un élément clef de ce trouble comportemental. La raison qui pousse le chien à ces souillures est en effet la peur des reproches du maître ou même plutôt, l'anticipation de ces reproches. Très rapidement il va s'installer, à cause des réprimandes, un trouble relationnel entre le maître et son animal qui connaîtra alors, des périodes d'anxiété. Cette anxiété va générer une hypersensibilité et une hypervigilance, notamment aux moments qui précèdent la punition. Cette anticipation associée à un besoin assez impérieux d'uriner va provoquer régulièrement l'accident. Les punitions ou même simplement les soupirs du maître, vont conforter le chien dans son anxiété et provoquer une montée andrénergique dès que le chien entendra le réveil ou les pas de son propriétaire. Il est aisé de constater que ce système est auto-entretenu et que ni le maître ni le chien n'ont de raison de modifier leur comportement. Il sera d'autant plus difficile de revenir en arrière que, même si le maître arrête ses réprimandes, il faudra plusieurs semaines pour que le chien perde sa peur. Ce délai empêchera le maître de croire le vétérinaire ou l'éleveur qui affirmera que la solution passe par l'arrêt total (il faut être très précis sur le détail) des réprimandes, si légères soient elles.
Il arrive parfois que, de guerre lasse, le maître abandonne enfin et qu'il ne dise plus rien le matin à son chien. Dans ces cas, la guérison peut être spontanée.
Remarquons que certains maîtres rencontrent le même problème à la suite de séances de retrouvailles très intenses. En effet, l'anticipation de la punition n'est que l'anticipation d'une émotion et on peut observer les mêmes troubles si cette émotion est due à l'excitation du retour (comportement de "fête" exagéré et entretenu).
Il faut aussi savoir que pour certains chiens, les phénomènes d'anticipation vont créer des associations parfois complexes. Imaginons qu'un chien "soit persuadé", à la suite de coïncidences, que lorsque son maître quitte la pièce par la porte du fond, il va être puni au retour de celui ci. Chaque fois qu'il remarquera le départ de son maître par cette porte, l'anticipation l'amènera à des souillures émotionnelles qui lui attireront la punition qu'il avait "prévue". Les capacités d'anticipation du chien, qui en font un si bon candidat au dressage, vont permettre dans des cas semblables, l'installation de comportement extrêmement tenaces mais totalement inexplicables en apparence.


Malpropreté liée à un attachement anormal.





Il s'agit encore d'une pathologie extrêmement fréquente. Certains chiens sont en effet attachés à leur maître d'une façon anormale (hyperattachement) et dès que la personne concernée disparaît, ils entrent dans une phase d'anxiété. C'est la fameuse anxiété de séparation. Dans cette affection il est classique d'observer des souillures dispersées dans toute la maison. C'est cette dispersion, cet élément qui va permettre de faire la différence avec le cas précédent. En effet dans ce cas, l'anxiété dure pendant toute l'absence du maître à l'inverse de ce qui se passait dans le cas précédent où la peur survenait juste avant le retour du maître. Remarquons que l'anxiété de séparation peut être aggravée par un retour punitif (c'est même fréquemment le cas) qui augmentera le processus anxieux. Ces retours punitifs peuvent faire durer la malpropreté au delà de la guérison de l'anxiété de séparation (cf. paragraphe précédent).
Le traitement de ces cas passe par une procédure de détachement et la suppression des rituels de retour et de départ. Le plus souvent dans ces cas difficiles, la chimiothérapie est indispensable.


Syndrome H.S.H.A.





Les chiens que l'on peut qualifier d'hypersensibles-hyperactifs correspondent à des animaux anormaux. Il s'agit de chiens extrêmement difficiles à élever et qui sont capables de faire leurs besoins, presque sans interrompre leur activité. Dans d'autres circonstances, ces animaux seront tellement absorbés par la promenade, qu'ils oublieront de faire leurs besoins, et ce n'est qu'au retour qu'ils se soulageront, à la grande fureur du propriétaire. Ces chiens atteints du syndrome "hypersensibilité hyperactivité" sont d'ailleurs le plus souvent rebelles à tout apprentissage, car incapables de se contrôler. Il est inutile de vouloir commencer leur éducation sans d'abord traiter leur trouble du développement. Le traitement de cette affection dépasse notre sujet et nous renvoyons le lecteur à des ouvrages spécialisés. Disons simplement que dans le cadre du traitement de la malpropreté, ces animaux constituent un cas à part. Le vétérinaire sera orienté dans son diagnostic par l'association d'hyposomnie ou manque de sommeil (ce symptôme pouvant être absent) avec une absence partielle ou une mauvaise qualité des auto-contrôles (pas de morsure inhibée, pas de phase de retour à l'équilibre dans de nombreux comportements, hypervigilance, jouets cassés, maîtres exaspérés…). Le rôle de l'éleveur est sans doute important dans l'apparition de cette affection. En effet si les causes précises de cette anomalie comportementale sont encore mal connues, il semble que l'on puisse considérer que l'utilisation d'une chienne, elle même atteinte de cette affection d'une part, et le retrait précoce des chiots de la mère d'autre part, constituent des facteurs favorisants. Il n'est pas rare que des éleveurs bien intentionnés, en voyant une mère réprimander sévèrement ses chiots, pratiquent cette séparation précoce, justement pour les protéger.
Il arrive en outre fréquemment que ces chiens soient rapportés à l'éleveur par des maîtres qui sont épuisés par le comportement hyperproductif de leur animal et que ces chiens se comportent alors presque normalement par rapport aux autres membres du groupe. Il faut alors beaucoup de compréhension à l'éleveur pour comprendre et accepter le problème.


Phobies de privation.





Parmi les affections qui concernent plus directement l'éleveur, les troubles du développement consécutifs à de l'hypostimulation, sont sûrement les plus fréquents et sont aussi ceux dont l'incidence connaît la plus grande croissance. L'explication en est simple. L'existence de maladie virale mortelle, associée à des coûts d'élevage de plus en plus élevés, ont conduit les éleveurs à essayer de combattre la maladie en isolant leur élevage de plus en plus fortement. Il est maintenant clairement établi que l'isolement et la sous stimulation durant le très jeune âge (0-3 mois) entraîne une affection classiquement dénommée "syndrome de privation" qui se caractérise par une impossibilité définitive à s'adapter à un milieu normalement riche en stimulations. Sans être expressément nommée dans la liste des vices rédhibitoires, cette affection pourrait constituer une raison d'annulation de vente pour erreur sur la qualité.
Les chiens atteints présentent différents symptômes mais notamment, sont très peureux et craignent le plus souvent de sortir. Leur apprendre la propreté est souvent très difficile. En effet, chaque bruit de la rue, chaque voiture qui passe, provoque un comportement de fuite et empêche toute éducation.


Propreté et hiérarchie.





Souvent considérés comme des troubles de l'éducation, les marquages urinaires hiérarchiques doivent être clairement distingués d'un simple trouble de la propreté.
Il ne s'agit plus ici de comportement éliminatoire même s'il y a production d'urine ou de selles. Le comportement a pour but de laisser une marque odorante et phéromonale. Il s'accompagne également dans le cas de miction, d'une exposition des organes génitaux. Véritables cartes de visite, ces messages odorants donnent tous les renseignements possibles sur leur auteur : sexe, âge, taille, état sexuel, état de dominance et position dans le groupe. Ces messages sont d'autant plus utiles qu'il y a des lecteurs potentiels. Ils seront renforcés si des individus du sexe opposé ou des étrangers (au groupe) sont présents ou si une contestation du statut de dominant est émise par un des membres de la meute. On remarque notamment des marquages correspondant à ce dernier cas, dans certaines sociopathies. Ces marquages sont renforcés en l'absence du propriétaire car c'est justement son absence qui constitue une contrariété et une contestation de l'état de dominance du chien. On observe alors des souillures extrêmement visibles, disposées de façon parfaitement contrôlée aux endroits les plus significatifs. Ces mictions et défécations ne sont pas émises sous l'influence de la peur. Dans des situations voisines où le statut de mâle dominant du propriétaire est contesté, il est possible qu'un chien se précipite pour lever la patte, dès le retour de son "maître" ou dès que celui ci approche son épouse.Le traitement dans ces cas de sociopathie sera global bien sûr. il ne saurait être question d'essayer un ré-apprentissage de la propreté. Les classiques drogues diminuant les productions adrénergiques seront sans efficacité. Par contre, les hormones sexuelles sont impliquées dans ces comportements et la castration peut s'avérer efficace. Il est particulièrement important que le maître s'abstienne de nettoyer devant son chien. Cet essuyage des souillures est souvent compris par le chien comme une marque de soumission active (lecture de la marque de dominance et acceptation).
Il faut rattacher à ce paragraphe les souillures produites dans les phases d'agressions territoriales (charges d'intimidation, miction patte levée, reconduite aux frontières du territoire et marquage desdites frontières par des urines). De même, les agressions dites maternelles, qui s'observent en présence d'une portée ou pendant les lactations de pseudogestation, font parfois intervenir des marquages urinaires qui sont identiques. Ces deux types d'agressivité sont également sous influence des hormones sexuelles.


Malpropreté et vieillesse.





Avec l'âge, peuvent apparaître certaines perturbations entraînant une perte des capacités générales et notamment une diminution de la propreté. Les facteurs favorisants s'accumulent en effet et il n'est pas rare, que l'addition simple d'une mauvaise locomotion avec une augmentation des besoins en eau, conduise à des souillures en dehors de toute affection spécifique. Il arrive cependant que le fonctionnement cérébral perde de ses capacités et qu'une involution soit responsable de la perte des apprentissages.


Malpropreté et dépression.





Affection comportementale la plus grave, la dépression s'accompagne classiquement de troubles de la propreté très caractéristiques. Dans cette affection, le chien ne bouge plus de son panier pour faire ses besoins et reste prostré dans sa couche souillée. Cette particularité comportementale (énurésie encoprésie) doit immédiatement faire envisager des affections graves.
Remarquons qu'il existe également des dépressions chez les chiots et que l'énurésie et l'encoprésie en sont des symptômes clef. Il serait faux de croire qu'un tel comportement va passer avec l'âge.


Courtoisie : Docteur Vétérinaire Gérard MULLER / LA LETTRE DU CHIEN


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